Mentorat: Faut-il imposer du formalisme ?

La décision d’imposer ou non un certain degré de formalisme dans la mise en place d’un programme de mentorat au sein de son organisation, n’est pas un simple exercice académique. Cela dépend de la culture organisationnelle, de la finalité du programme et de la disponibilité des ressources nécessaires pour mener à bien un programme formel de mentorat.

Par définition, le mentorat informel possède peu de structure. Généralement, une organisation met à la disposition des managers expérimentés, inspirés par l’idée de partager leur expérience et d’instaurer le plaisir d’une relation de mentorat, une plate-forme de moyens et d’outils.

L’organisation peut décider de mettre en place quelques critères d’éligibilité et exercer un minimum de supervision pour faire appliquer ces critères et suivre le déroulement du mentorat. Mises à part ces quelques règles et procédures élémentaires, le mentorat informel est peu structuré mais plutôt fondé sur l’alchimie entre deux partenaires investis dans une relation de mentorat qui peut même déboucher sur une relation d’amitié. Le mentorat informel est basé sur un choix libre et une participation volontaire. Il permet de créer une atmosphère d’ouverture, d’intimité et de confiance qui constitue un prérequis pour un partage et un apprentissage efficace durant la relation de mentorat.

Cependant, les objectifs d’une relation individuelle de mentorat dans un tel cadre informel peuvent se révéler imprécis et varier au cours de la relation. Parfois les relations de mentorat peuvent durer peu voire trop peu de temps car le mentor doit tenir compte d’autres priorités professionnels et finit par se désinvestir. Il est guère possible de relier le mentorat informel à des objectifs de business ou de changement organisationnel car très souvent les mentors manquent de formation et les mentorés ignorent ce qu’ils peuvent attendre et l’engagement qui est requis dans une telle relation. De plus, les résultats d’un mentorat informel sont largement méconnus ou échappent au contrôle et, l’auto sélection des mentors et des mentorés peut aboutir à un clonage, voire une sorte de favoritisme.

Un programme formel de mentorat est-il un meilleur choix ? Nous sommes convaincus qu’un certain degré de formalisme et de structure dans les procédures est nécessaire pour rester focalisé sur des objectifs, établir une alliance stratégique entre mentors et mentorés, éviter les effets non contrôlables et créer un résultat significatif et mesurable. Pour définir le schéma le plus approprié à votre organisation, vous devriez tout d’abord vous assurer que la finalité du programme est partagée et que les objectifs sont acceptés. Vous auriez intérêt à consulter votre réseau de relations et vous appuyer sur des experts externes afin de bénéficier de leur expérience. Vous aurez besoin d’impliquer les parties prenantes afin de vous assurer de leur acceptation et vérifier la faisabilité des aspects opérationnels et organisationnels du programme de mentorat. In fine, vous gagneriez à créer un programme pilote pour évaluer ce qui fonctionne et ce qui nécessite d’être amélioré.

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